Kave – Ominousium

Cet album porte un nom qui selon moi ne lui convient pas, oui « Ominious » n’est pas approprié pour un album teinté de gris comme celui-ci, en revanche l’artwork fait par Bram Gollin lui-même colle parfaitement à cette ambiance introspective qui se dégage de ce disque. Ne vous attendez donc pas à du dark ambient « oppressant » mais plutôt méditatif. Dans sa description du disque Cyclic Law avait d’ailleurs évoqué ce fait « Where some dark ambient tend to conjure heavy and oppressing atmospheres, Ominousium aims to induce a meditative experience where inner landscapes are forged and the listener is left to wander through his own interpretations of these cinematic soundscapes. ». Ominious est donc un album de Kave, de son vrai nom Bram Gollin artiste hollandais ayant un album et quelques EP à son actif sur des labels comme Eibon Records, Scrape Tapes… Il sort ici sur le prestigieux label Cyclic Law, format digipack.

Passons maintenant à l’essentiel : le son.

Le premier titre A House Amongst the Weeds nous transporte progressivement dans un univers fuligineux grâce à l’utilisation de field-recording et d’un synthé lourd et lent. Nous sommes à côté d’un feu de camp où l’obscurité remplit peu à peu l’espace et nous invite peu à peu à des songes brumeux. Lentement, apparaissent des sons sourds et lointains, comme issus d’un passé oublié, et installent un sentiment d’éveil incertain. C’est l’annonciation de l’arrivée de la reine de la nuit et de sa tribu, qui étrangement n’a rien de menaçant. Le drone, aéré et hypnotique, transporte dans un espace où le brouillard est diffus, l’atmosphère éthéré, une transe au ralenti, un état léthargique s’installe. Sommes-nous encore réveillés ou Hypnos nous a-t-il emporté ?  Peu importe, nous errons dans des terres marécageuses inhospitalières, l’air est vicié, les drones se font plus menaçants, la désorientation est totale, l’issue incertaine. Seuls les sons industriels évoquant une machinerie infernale viennent rompre notre errance et nous conduisent à travers des terres désolées, comme si nous étions les passagers malgré nous d’un monstre mécanique. Notre destination s’il y en a une, est inconnue. Nous disparaissons. Le réveil se fait à «Alter Terra » où la terre elle-même semble transformée par des entités étrangères à notre monde, l’ambiance n’est pas hostile, le processus est indifférent à notre présence. Nous sortons de notre état apathique avec difficulté, l’expérience ne nous laissera pas indemne, c’est un recommencement.

Ominious est un album opaque qui pousse à la réflexion, à travers ses 6 plages mêlant drone, field-recording et nappes troublantes. À écouter au casque pour en apprécier toutes les nuances !

6 mars 2026 par Catégories : chroniques

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