THO-SO-AA – Epoch Part One
Tho-So-Aa a été créé en 1995 par Lutz Rach comme projet parallèle d’Aadom/Christbearing Form.Les premiers albums du projet sont parus sur Art Konkret puis à partir de 2010 sur Tesco Organisation . L’album « Epoch Part One » date de 1996 et est ici réédité par Loki Foundation.
Pour l’occasion la pochette a été retravaillée, et celle-ci est très réussie.
Dans cet album, aucune surcharge sonore, nous sommes dans le minimalisme efficace. Les silences et les infras basses sont très importants. Les morceaux sont appelés section sur cet opus. Ils progressent lentement et atteignent des durées importantes pour la majorité, pour un temps d’écoute avoisinant 1H.
Du minimalisme efficace
La « Section I » qui dure approximativement 18 minutes est basée sur un flux et reflux de nappes et de voix fantomatiques plaintives. Le morceau peut se décomposer en plusieurs parties :
La première partie pose l’ambiance avec des nappes et des voix synthétisées qui se répondent. Puis un drone apparait suivi par le retour des voix. Le « climax » du morceau se situant vers 11 min avec un drone constant qui s’entendra jusqu’à la fin du morceau.
La « Section II » donne l’impression de passer à travers un décor pluvieux, les chants sont présents mais plus optimistes que dans la Section I. Le morceau est moins en basse fréquence, une boucle de corde sert de socle au morceau. C’est la section la moins longue de l’album. C’est aéré moins écrasant.
La «Section III» repart dans l’obscurité. Voix déformées et drone monolithique cohabitent avec des sons qui telle la marée, vont et viennent. La fin de la section s’articule autour d’un enchainement de note sombres réverbérées.
La «Section IV» repose à 90% sur des chœurs dédoublés, pitchés, détunés, une belle ambiance. Cependant cette section termine sur une tonalité tragique.
La Section V» est lumineuse de bout en bout, elle va plus chercher dans les médiums, hauts médums. Plusieurs couches sont superposées et une boucle avec une courte mélodie luminescente vient achever ce titre.
Finalement, « Epoch Part One » a très bien résisté à l’épreuve du temps. Les silences, les basses fréquences, les textures et le minimalisme sont ici gérés de main de maitre. Un album qui révèle toujours plus au fil des écoutes.
